Historique d' Eps-Herbeval

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Eps Eps, d'après M. Harbaville, viendrait comme Aix de
aquoe, eaux; en effet, cette commune est traversée par la rivière
d'Eps qui prend sa source près d'une espèce de gorge en dehors
du village, fait tourner un moulin à blé, et va rejoindre la Ternoise
à Anvin après un parcours de 3661 mètres, sur une largeur
qui varie de 2 mètres à 5 mètres. La vallée assez large et
dont le fond est occupé par des prairies se bifurque à gauche
sur Boyaval, et à droite sur Herbeval où se trouvent aussi des
sources. Des coteaux assez abruptes et élevés encadrent ces
vallons ombragés d'où jaillit la tour de l'église et son élégante
flèche de pierre. Un bois qui dominait d'une manière heureuse
ce village vient d'être défriché.

 

La contenance du terroir était en 1569 de 1357 mesures de
terre et 34 mesures de bois; d'après le cadastre de 1837 il y a
687 hectares 06 ares, dont 68 hectares en pâtures et marais, 567
hectares en terres arables et 30 hectares 97 en bois, il est divisé
en deux sections dites l'une du Village et du Mont d'Eps et l'autre
d'Herbeval. Voici quelques lieux-dits : la Vallée, le Rietz Beaucourt,
le Virlat, la Chapellenie, les Champs de Pernes, le Marais,
la Prévôté, les Champs Saint-Pris, le Mont Millon, la Rue de
Turbeville, le Chêne brûlé, le Bois d'Eps, le Bois Roland. Le hameau
d'Herbeval dépend d'Eps. La population s'élevait en 1878
à 454 habitants et le nombre des maisons à 98.11 y auneécole de
filles tenue par deux soeurs de la Providence (de Ribeauville).

 

Le village d'Eps faisait partie du comté et de la sénéchaussée
de Saint-Pol; selon Malbrancq et Hennebert ce serait l' Ascio
villa, résidence du pirate Adroald, possesseur, au VII° siècle,
du donjon de Sithiu et qui, repentant de ses crimes, fit don, en
654, à l'abbaye de Saint-Bertin de treize villages avec toutes
leurs dépendances hommes et choses. Il confirma cette donation
le 8 des ides de septembre à Ascio Villa.

 

D'après le terrier du comté de Saint-Pol, de 1474, Jean d'Eps,
écuyer, avait la seigneurie de ce village tenue du château de
Saint-Pol à 69 livres de relief. Il guerroya pour le duc de Bourgogne,
entretient à grands frais des compagnons de guerre et
dut parfois payer leur rançon. Sa maison, en forme de forteresse,
environnée d'eau, amazée de tours, chambres et de plusieurs
autres édifices servant pour son estât et sa résidence.

 

« Et s'y comprend une basse cour où il y a plusieurs maisons et
grands édifices en laquelle le censier dudit lieu a sa demeure et
résidence et la censé est à présent baillée et comprend 64 mesures
de terres labourables à chacune solle ou environ qui font
en tout 192 mesures en valeur chacune mesure de 5 sols et 4 deniers,
soit 51 livres 4 sols. Item les pretz à faucher appendans à
ladite maison contenant 21 mesures ou environ chacune mesure
de 64 sols font par au 67 livres 4 sols. Item les parties de ladite
maison et plasce contenant 9 mesures. Item le vivier et eaux
autour de ladite place contient 3 mesures. Item la coupe de
vente de bois de ladite terre, contenant chacune an 3 mesures
ou environ en valeur chacune mesure 7 francs soit 16 francs 16
sols : Item un droit de terrage qui se prend sur les terres dudit
lieu et peult valloir par an 6 septiers de blé, mesure d'Heuchin,
en valeur chacun septier 12 sols et 20 septiers d'avoine du prix
de 10 sols chacun. Item se comprend en ladite terre en plusieurs
cens et rentes d'argent, gelines, chapons et aultres choses qui
peuvent valloir chacun an 51 livres 16 sols et monte le revenu
d'icelle terre à 231 livres 8 sols, de laquelle somme il faut déduire
pour les retenues de ladite maison et place et de la basse
cour ou demeure ledit censier et pour le gages des officiers assavoir bailli, procureur et recepveur chacun an la somme de 50
livres et se comprend icelle terre les hommages des fiefs cy
après : Christofle et Jean de Pernes.Jean de Lattre, d'Eps, Jean
Broutin, Jeunne Cappe d'Equires, Colart de Malanetz, les chartreux
de Gosnay, Jean de Sautricourt, Jean d'Eps, Pierre le
Càron, Sire Louis Chorin, Jean Fautrel, Jacques de la Ruelle,
Jeannet dit Lédé, Hues Gaillet; Jacquemin Dagues, Monsieur
du l'ois, Pierre le Vasseur, Jean de Framezelles, Colart Morel,
Jean Mànessier, Jean Boutin, Pierre le Dil, Monsieur d'Auge (1). »

 

((1) Terrier du ceinte de Saint-Pol de 1474. Archives du Nord.)


Une partie des hommes de fiefs indiqués ci-dessus étaient tenus
aussi de M. de Neuville à cause de sa seigneurie.de la boutilierie
en Blangy et du seigneur d'Heuchin. Hues Paillet avait deux
fiefs dont un tenu de Jean d'Eps,l'autre appelé la Motte était une
maison entourée de fossés où il demeurait, et elle était tenue de
M.deleViefville qui possédait alors la terre de Monchy par confiscation.
Il existait à cette époque à Eps, un moulin dit Moulin
de la Fosse, rapportant 36 septiers de blé à 10 sols l'un. Les
Chartreux de Gosnay avaient un fief et un arrière-fief dé 52
mesures de terres et manoirs appartenant à Colart Malcàve, il
devait 16 sols par an à l'église d'Éps.

 

Vers 1540 nous trouvons comme principaux propriétaires par
confiscation ou autrement, le sieur de. Trélon, habitant le Hainaut,
le sieur de Thiembronne, le sieur Ôbert. Christofle Aè
Refuge, gentilhomme de la maison du roi, sénéchal du Ternois
étaii seigneur d'Eps vers 1550, du chef d'Anne dé la Forgé, sa
mère. En 1569 c'était François de Refuge, écuyer, qui possédait
le château et plusieurs fiefs sur Eps, Hestrus, Valdelieu.Quatrel,
etc., avec bois, pâtures, etc., le tout de 666 livres dé revenu,
plus en censives et droits seigneuriaux 300 livrés, un moulin à
l'eau loué 56 livres. Il eut un procès avec Thomas de la Dienné,
procureur à Saint-Pol, qui lui avait loué ses biens, fiefs et seigneuries
d'Eps, Monchy, Hestrus, etc.

 

Au XVII° siècle la terre d'Eps était passée dans la maison dé
Mailly. Philippe dé Mailly; seigneur dû Quésnoy, près Lille, Blangy, Buire-au-Bois, vicomte d'Eps eut pour fils Guillaume
qui épousa, le 7 février 1661, Isabelle-Caroline-Marguerite de
Croy dont il n'eut qu'une fille, il se remaria avec une demoiselle
de Longueval dont un fils mort jeune et plusieurs filles. Ainsi
finit la branche de Mailly, dite d'Haucourt (1).

 

((1) Généalogie de la Maison Mailliy. Paris, 1757, p. 87 et suivantes.)

 

On voit dans le contrat de mariage de Guillaume de Mailly,
avec Mademoiselle de Croy, cité dans l'histoire de la maison de
Mailly, qu'on lui donna la seigneurie et vicomte d'Eps

«se consistant en un château environné d'eau, avec basse-cour, en plusieurs pâturages, prés flottés, moulin banneret à moudre blé
rasé par les dernières guerres, bois à couper, droits de terrage,
rentes seigneuriales, etc., qui se prennent sur un grand nombre
de fiefs, chargés du premier denier, les terres côtières du
sixième à la vente ; sur laquelle terre il y a au moins croissant
5 à 6,000 plantes, tant bois montants que hallots sur les chemins
et flégards Ledit seigneur est collateur d'une chapelle vaillable
environ six vingt florins par an, étant chargé sur icellede
6 septiers de blé annuellement. »

 

Leur fille Marguerite-Isabelle, épousa Charles-Alexandre de
France, baron de Vaulx que nous trouvons, en 1757, possesseur
du domaine d'Eps se composant d'un château avec 25 mesures
de près et manoirs, 99 mesures de terre, 15 autres mesures de
prés, 45 mesures de bois, censives et droits seigneuriaux rapportant
135 livres. Charles-Marie-Guislain de France, chevalier,
sieur d'Hézecques, en garnison à Metz, représentant quatre
parts et sa soeur représentant une part, vendirent, le 5 juin 1769,
la terre, seigneurie et vicomte d'Eps, droits honorifiques dans
l'église, droits de chasse, de plantis, fanage et affanage, droit de
nomination à la chapelle Sainte-Marie-Madeleine à Eps, droits
de relief, rentes foncières, terrage, prairies, 100 mesures de
terre, moulin à l'eau sur deux mesures de prairies, 16 mesures
de prés flottés, 60 mesures de bois moyennant 110,000 de prix
principal à Louis-Joseph Jacobs, écuyer, sieur d'Egremont, demeurant
à Lille.

 

Ce dernier ayant émigré, son domaine fut vendu nationalement, le 6 brumaire an III. La ferme des chartreux de
Gosnay avait eu le même sort en 1791 : les 101 mesures avaient
été adjugées pour 18,500 livres (1).

 

((1) Il existe aux archives du Pas-de-Calais un plan de cette ferme située rue aux Vaux, près de la rivière. Il fut dressé en 1743 par Fauquembergues arpenteur.)

 

Eps eut beaucoup à souffrir des guerres du XVIè siècle. L'enquête
de 1538 dit que la garnison de Thérouanne surtout
causa grand dommage, l'église fut pillée; l'on payait alors
pour aides 15 livres par an et on devait pour aides arriérés 120
livres 15 sols. L'enquête de 1545 indique que sa situation sur le
grand chemin de Saint-Pol à Thérouanne l'exposait plus que les
autres villages aux déprédations des soldats; aussi, en 1542, une
partie des habitants se réfugièrent-ils à Aire et à Béthune. Les
sires de Wavrin et d'Incourt accompagnant les Français revenant
du camp de Toumehem, vinrent dans le village.

 

Les habitants
voulant résister se réfugièrent dans la tour de l'église;
mais quand ils virent qu'on cherchait à y mettre le feu et à la
démolir, il se rendirent à miséricorde et on leur fit payer rançon.
Plus tard ils furent pillés de nouveau, les cloches de l'église
furent enlevées et 14 maisons hrûlées. La garnison d'Hesdin les
obligea à y amener « des fournitures. » Le sieur de Lambersart
accompagné de 60 à 80 adventuriers tint six mois garnison au
château et il malmena tant les habitants que la plupart se sauvèrent.
Les centièmes de 1569 ne font aucune estimation pour
les bois et les arbres : car les Allemands ayant campé trois
mois et 16 jours à Eps au nombre de dix enseignes, avaient pris
et brûlé tout le bois.

 

Sous la Révolution le district de Saint-Pol se plaignit que les
habitants eussent abattu illégalement et à leur profit les arbres
qui croissaient sur les chemins et appartenaient autrefois au
seigneur. On parvint alors difficilement à composer une administration
municipale.

 

Le château-fort d'Eps, ruiné par les guerres, était devenu une
ferme, un autre plus petit, construit dans un coin du bois, avait
sans doute eu le même sort. D'après un renseignement fourni par le maire, en 1811 il ne restait plus trace de ces constructions
féodales.

 

HERBEVAL, Ce hameau, d'après Turpin, appartenait au XII°
siècle aux comtes de Boulogne. Le comte Eustache donna en
1121 à l'abbaye de. Saint-Wulmer la moitié des alleux d'Herbeval.
Mathieu de Maubus demeurant à Cambrin y avait un fief
en 1474, tenu du seigneur du lieu. La famille d'Ailly posséda
cette seigneurie. Renaut d'Ailly vivait en 1400; un de ses
descendants du même prénom est qualifié de sieur d'Herbeval
vers 1570. Au XVIII° siècle cette terre était passée dans la famille
de Bertoult; elle valait alors 127 livres.

 

L'ÉGLISE d'Eps sous l'invocation de saint Martin faisait partie
du diocèse de Boulogne, doyenné de Saint-Pol; Hestrus et
Herbeval en dépendaient. Elle n'avait en 1569 ni biens ni
revenus ; plus tard, elle posséda 3 mesures 3 quartiers d'enclos,
7 mesures de terres et un droit de dîme; le curé en outre jouissait
en 1757 du produit d'une maison et de deux mesures et demie
d'enclos, plus de 8 mesures de terres, le tout sur Teneur. Le
presbytère était alors bâti sur un quartier. L'église, après avoir
servi à faire du salpêtre, fut vendue nationalement, le clocher
réservé, en l'an VII; elle put être conservée. Ce que cet édifice
présente de plus remarquable, c'est la tour, dont la flèche est en
pierre, particularité assez rare dans cette partie du département.

 

Cettepartie de l'édifice parait,ainsiquelanef,avoir été construite
au XVI° siècle, tandis que le porche semble plus ancien, étant de
style roman. La tour a 14 mètres environ de hauteur; la flèche,
de la même élévation, est une pyramide octogone en pierre
garnie de feuilles sur les angles, la plupart en mauvais état,
et percée sur les pans, aux trois étages, de fenêtres longues
et étroites. La tour elle-même est éclairée daus le haut par deux
fenêtres ogivales portant des restes d'arcades et de roses. Une
autreouverturelargeet autrefois coupée de meneaux et de roses,
dont on voit encore des traces, existait dans le bas. Cette partie
de l'église et les contreforts sont couverts de moulures et d'arcades
simulées qui lui donnent beaucoup d'élégance et la divisent en cinq parties. Au dessus de la porte est un écusson brisé où
l'on croit reconnaître des lions.

 

L'église n'a qu'une nef; les fenêtres sont à ogives et montants
prismatiques; sur le côté est un porche qui fait saillie au dehors
avec voûte de pierre coupée en croix par des filets cylindriques et
dont le portail,flanqué de deux colonnes de chaque côté, porte des
moulures cylindriques qui se courbent en plein cintre.Le choeur
est moderne; dans l'intérieur du vaisseau il y a trois autels,et un
fût étroit de colonne de 4 à 5 pieds de haut soutient une sorte: de
vaste chapiteau où on a sculpté deux anges tenant des banderolles.

 

Comme les inscriptions qui s'y trouvaient sont effacées,
on ne sait plus à quoi servait ce piédestal. Les voûtes sont en
planches et la corniche est supportée par des bouts de solives
représentant des saints. Le dessous de la tour est seul voûté en
pierre et les filets reposent sur des culs de lampe frustes.

 

A l'entrée du village d' un côté d'Anvin se trouve une chapelle
gothique en mauvais état et servant de grange, c'est sans doute
l'aucienne CHAPELLE DE LA MADELEINE dont la collation était au
seigneur et qui possédait 23 mesures 3 quartiers dé terres: vendues
en 1791,4050 livres.

 

(Source : Dictionnaire Historique et Archéologique, Département du Pas de Calais, Arrondissement de Saint Pol tom 2, Canton d'Heuchin ( page 4 à 14) Publié par la
COMMISSION DÉPARTEMENTALE DES MONUMENTS HISTORIQUES)

 

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Adresse de l'hôtel Communautaire
17 rue d'Hesdin 62134 Heuchin

Téléphone : 03 21 03 09 67 - Fax : 03 21 03 11 08 

   Email : ccph.mordacq@wanadoo.fr

Site Web : http://www.paysduternois.eu/

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